Dimanche, le 22 août 1937, vers midi et cinquante, s'éteignait, à l'Hôtel-Dieu de Montréal, Félix-Aimé Southière, âgé de 13 ans, fils adoptif de M. et Mme. Henri Southière de Farnham.
Dès sa plus tendre enfance il se montra d'une très grande délicatesse et d'une parfaite obéissance envers ses parents.
À l'école il se fit remarquer par son application, sa sagesse et sa grande piété.
D'une santé plutôt précaire, il fut quelquefois forcé d'abandonné la classe pour un certain temps.
Le chemin de l'église lui était familier; bien souvent il quittait le lit à l'insu de ses parents et allait entendre la messe et recevoir la sainte Communion.
Il fréquentait régulièrement les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. "Pourquoi, lui disait un jour sa mère, vas-tu si souvent te confesser? - Maman, lui répondit-il, le Frère nous a dut que le juste pèche au moins sept fois par jour."
Un prêtre, ami de la famille, avait fait don à l'enfant d'une "Vie des Saints". Chaque jour Félix-Aimé lisait la biographie du saint avec une avidité peu commune.
Sur son bureau, dans sa chambre, l'on pouvait voir des images, des statues de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge. Chaque année, à l'époque de Noël, il avait coutume de construire une petite crèche.
Il poussait la délicatesse jusqu'au scrupule "Jamais, nous disent son père et sa mère, il n'a voulu paraître pieds nus devant nous". Entendait-il des paroles déplacées ou inconvenantes, il ne voulait même pas les rapporter à ses parents.
Rarement on le voyait oisif. Au besoin il fabriquait quelques menus objets dans le seul but de s'occuper.
Recevait-il quelque argent pour acheter des friandises, il ne manquait jamais de faire la part de ses généreux parents.
Quand une commission lui était donnée, l'on pouvait être sûr qu'elle serait accomplie fidèlement, fût-il même plus ou moins disposé.